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Aujourd'hui le public fait la distinction entre la "méthode traditionnelle", "la méthode douce" et la "méthode éthologique" faisant ainsi surgir différentes professions plus ou moins reconnues et/ou reconnaissables pour le novice.
Quelles sont les bases de ces méthodes ? Quels sont les professionnels et leur rôle c'est ce que nous allons tenter de vous exposer ici brièvement, afin que chacun se fasse une idée de la réalité et puisse faire un choix en toute connaissance de cause, sur l'approche qu'il souhaite utiliser pour établir une relation avec son chien.
LES METHODES TRADITIONNELLES :
Souvent désignées sous la forme pluriel alors que dans la réalité il n'en existe qu'une. Elle est fondée essentiellement sur le principe d'obliger le chien à exécuter l'ordre donné au point que ce dernier finit par être mécanisé, perdant ainsi le sens de toute initiative avec pour objectif premier "développer son sens de la défense du territoire et de ceux qui y habitent, sens que tous les chiens possèdent dans une plus ou moins grande mesure" (A. Marie DELALIX "Dressez votre chien en 6 semaines). Tel est l'esprit de celui qui va diriger le chien, convaincu que, par la mise en application de certaines techniques "le chien agira pour faire plaisir à son maître et sera un animal épanoui" (?) reconnaissant toutefois qu' "un chien entraîné est comme un fusil chargé".
Les techniques employées sont dures puisqu'elles sont basées sur :
La fermeté de la voix,
Le chien tenu le plus court possible au départ de l'apprentissage en longeant un mur. Ainsi encadré entre ce dernier et le conducteur, et maintenu très court par la laisse, le chien n'a guère le choix que de marcher droit.(peut on dés cet instant comprendre la restriction qu'on impose au chien ? et sa future défense à se sentir ainsi limité tant dans l'espace que psychologiquement )

Les saccades de laisse en cas de dépassement lors de l'exercice de la marche aux pieds ou encore si l'exercice s'effectue le long du mur, le conducteur avec l'aide de son genou, poussera contre le mur le réfractaire. Autre solution pour empêcher le chien de tenter un dépassement : "on place son pied droit au niveau de l'aine de l'animal, en le croisant par-derrière à l'aide de notre jambe gauche, afin d'entraver son passage". Il ne s'agit pas de contraindre l'animal, vous dira-t-on, mais d'obtenir du chien son plaisir à nous obéir !

La position du assis sera obtenue soit "par une pression légère mais ferme" (nous laissons le lecteur découvrir ici le paradoxe) qui sera maintenue "jusqu'à ce que le chien se sente obligé de s'asseoir" (n'oublions pas qu'il ne s'agit pas "de contraindre"...) ou, autre technique, pratiquer "une pression sur la croupe du chien avec le pied droit".
Lorsque le chien aura compris et mémorisé le sens du mot "assis", inutile de reprendre ces acrobaties. Il suffira de prononcer l'ordre et si le chien refuse d'adopter la position assise, la technique à utiliser sera les saccades de laisse brèves et très sèches jusqu'à obtention du résultat.
Ne vous inquiétez pas le chien est sensé au fil du temps "oublié les contraintes" de ces premières leçons.
Cette technique est trés efficace, la seule chose dont elle ne tient pas compte ce sont les traumatismes sur la trachée et les gestes abusifs de certains conduisant le chien à faire le soleil. Pour le chien, il n'a aucun plaisir dans l'apprentissage de la marche aux pieds, il n'y a aucune communication, juste de la contrainte violente.

pour exemple |

la même au ralenti qui vous montre la réaction du chien |
De la position assise, on passe à la position coucher : il suffit de mettre votre pied gauche sur la longe et doucement tirer tel le principe du levier inversé. Le chien se sentant ainsi pris en serrage, finit par se coucher ou encore on tire le collier vers le bas tout en tirant ses pattes avant.
C'est le répétita sans fin d'un même exercice jusqu'à ce que le chien l'exécute sans même que l'ordre soit prononcé. En effet, le maître ne doit jamais finir sur un échec. Tant que le chien ne fait pas l'exercice correctement, il devra poursuivre le travail. Le moteur de la machine canine sera ainsi démarré. Le travail pourra être considéré positif lorsque le propriétaire du chien s'arrête et que le chien en fera autant et adoptera dans le même temps la position assise, sans que l'ordre "assis" soit pour autant prononcé. A l'expression "X aux pieds" l'animal devra venir alors que prononcer uniquement son nom n'impliquera pas son retour.
Cette mécanisation est telle qu'on peut même remarquer sur les terrains de club, qu'à force de répéter les exercices déclenchés par l'instructeur au son d'une corne, la majorité des élèves canins s'exécutent. C'est dire le conditionnement extrême auquel est soumis le chien : il n'a guère le choix : obéir ou être sanctionné par une saccade de laisse.

On ne tient pas compte de la personnalité du chien, due à sa race, ses origines, son histoire, etc. Une seule et même technique pour tous les chiens.
L'origine de cette méthode semble être apparue lors de la création des clubs de dressages issus de la SCC (SOCIETE CENTRALE CANINE). Ces clubs ont été ouverts sous l'initiative d'anciens maîtres chiens de l'armée, qui ont mis à la disposition de chaque propriétaire de chien, leurs connaissances acquises lors de leur service à l'armée, qui s'est transmise de responsables en responsables de club. Ceci pouvant expliquer cette énergie dépensée à porter au plus haut l'activité du mordant, choquant ainsi beaucoup de particuliers.
Cependant :
Leur titre de "maître chien" était- il un titre confirmant leur expérience développée sur de longues années ou simplement le temps légal de l'époque du service militaire ? En effet peut-on prétendre à posséder une parfaite connaissance en matière canine après avoir été "maître chien" pendant un an ?
Le "maître chien" qui fait son service en tant que "jeune appelé" a- t- il accès à tous les secrets pour un bon dressage ?
Peut-on réellement prétendre que le chien va s'épanouir au fil de son éducation dans un cadre aussi restrictif tant en espace que dans sa possibilité à prendre une initiative ?
Enfin deux autres questions que tout le monde devrait non seulement se poser mais tenter d'apporter une réponse :
Tous les chiens peuvent-ils être abordés de la même façon que le berger allemand ou le malinois, races dévolues à l'armée ?
Le chien du particulier doit-il réagir avec la même virulence que le chien de l'armée ?
Quoiqu'il en soit, le grand public a eu vite fait de constater les effets négatifs de cette approche et de conclure le plus simplement du monde que "le dressage rendait le chien agressif". Du reste, les chiens de l'armée une fois mis à la retraite ne sont jamais (ou si rarement) proposés au public.. c'est dire l'état de tension psychologique dans lequel ces animaux ont été mis et la prise de conscience des responsables dans la potentialité de dangerosité de ces chiens qui ne "sont pas à mettre entre toutes les mains".
| Pour conclure, nous aimerions toutefois faire une remarque et nous démarquer une fois de plus dans l'utilisation de mots portant trop souvent à la confusion. En effet, désigner ce dressage sous l'expression "méthode traditionnelle" nous paraît être inapproprié. Cette technique rude qui conduit à la mécanisation du chien n'a rien de traditionnel d'autant qu'elle nous vient de l'ARMEE. Les ancêtres n'employaient pas de pareils procédés tels que par exemple, la saccade de laisse en cas de dépassement du chien, de tourner en rond pendant une heure sur un terrain de club. On ne peut donc attribuer le terme de "traditionnel" à cette méthode : les anciens attendaient du chien une aide dans le travail du bétail et peu importe que le chien s'assoie ou pas. D'autre part, l'apprentissage aux mots était souvent basé sur une méthode beaucoup plus souple qui demandait bien plus l'observation du chien afin de repérer l'attitude qu'il allait adopter pour prononcer l'ordre correspondant.
Nous opterons donc pour désigner cette méthode dite à tort de "traditionnelle" pour l'expression "méthode classique", d'autant que le mot "tradition" fait appel aux us et coutumes et aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps le mordant, les concours ne faisaient guère partie des raisons pour lesquelles on avait un chien. Il existe un dressage traditionnel dont les Chuchoteurs ont su retrouver les bases et s'attachent aujourd'hui à les dévoiler au public dans le milieu équestre, où là encore la méthode forte était de règle.
Il est donc important à nos yeux d'user le bon terme puisque c'est ce dernier qui en apportera la première définition. Les techniques pratiquées depuis des années par la majorité des éducateurs n'ont rien de traditionnel : la simple utilisation de longe de travail, la simple activité sportive sans parler des techniques employées pour l'instauration du dressage de base n'appartiennent en rien à celles de nos paysans qui devaient avoir des chiens équilibrés puisqu'ils leur confiaient les troupeaux voire la volaille.
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