Bienvenue
dans cette partie du site qui sera consacrée à vous
exposer notre approche du chien. Nous ne prétendons pas
que notre façon de faire avec l'animal est la meilleure.
Cependant, les leçons reçues aux contacts des animaux
sauvages et demi sauvages nous ont permis de retenir une expérience,
devenue avec le nombre et les années, un mode d'approche
habituel, qui sera qualifié par certains "d'habitude
ridicule, n'apportant rien".
A mon
sens, il existe plusieurs possibilités d'approches de l'animal
et ce, quelque soit l'espèce. L'approche que nous mettrons
en place déterminera d'une part la réaction de l'animal
et du même coup la relation que nous aurons avec lui.
Je
vais vous donner un exemple tout simple avec un animal peu apprécie
du grand public mais aussi des plongeurs sous marins : la murène.
Je vous l'accorde cet animal semble sortir tout droit de la préhistoire,
n'a rien de bien attirant surtout qu'il reste très imprévisible
dans ses réactions. Derrière son inertie, se cache
une aptitude à réagir foudroyante. Une puissance
herculéenne qui peut tordre une flèche de fusil
sous marin en acier trempé, avec une aisance remarquable.
Ajoutons que la murène coincée dans son trou a conscience
qu'elle n'a guère d'issue de secours. Par conséquent,
vous comprenez que son action de défense devra être
à 100 % efficace. Pour celui qui est mal accueilli par
cet animal, la journée détente risque fort de se
terminer à l'hôpital.
Le
portrait de l'animal ainsi dessiné, nous allons tenter
l'approche de cette bestiole, au regard vide, immobile dans son
trou, excepté sa gueule qui n'arrête pas de s'ouvrir
de se fermer avec une régularité qui pourrait égaler
celle d'un métronome.
PREMIÈRE
APPROCHE
J'avance
la main directement vers la murène logée dans son
trou.
- Réaction
de l'animal ?
Défensive. La murène va me balancer un bon coup
de dents en même temps qu'elle s'enroulera autour de mon
avant bras. En plus de la douleur de la morsure, j'aurai droit
à subir les effets d'une compression hors du commun.
Pire, pareille à un pitbull, la miss ne lâchera
pas prise.
- Résultats
obtenus ?
- Pour moi : de sales blessures avec tous les risques que cela
comporte ; des muscles plus que froissés ; et surtout
la perte de confiance en moi même lorsque je serai à
l'avenir en présence d'une murène. Notons également,
que ce comportement peut s'étendre à savoir
par exemple que je peux être prise de panique en nageant
lorsque surgit dans ma tête qu'une murène peut
se balader en dessous.
- Et
pour la murène ? Sa vision n'est pas parfaite : cependant
elle aura eu le temps de mémoriser deux choses au cour
de cette approche : la première la forme de ma main,
mon geste que ses yeux auront photographiés et son
cerveau mémorisé. Prochaine chose qui passera
à proximité de son trou et qui ressemblera à
cette image, l'animal n'attendra pas une approche possible
ou pas, il anticipera pour se défendre. De même
mon odeur : une chose qui portera quelques molécules
odorantes similaires aux miennes, la murène anticipera
dans sa défense.
FINALEMENT
les deux individus ressortent de cette rencontre avec quelques
"traumatismes". Supposons que je ne retienne rien
de l'agression au cour de laquelle je suis sortie perdante :
je recommence la même approche : la réaction de
l'animal sera la même voire plus virulente : il me connaît,
j'ai voulu l'agresser une fois, et j'ai de fortes chances pour
ne pas qu'elle me laisse agir de la sorte une deuxième
fois. C'est elle qui gérera la situation : elle sortira
de son trou avant même que je n'y arrive devant.
- Qu'est
ce que cette approche a apporté ?
rien
du tout ; rien de positif. L'animal est sur la défensive
vis à vis de moi, il n'a pas confiance en moi, je suis
considérée comme un agresseur. Pour instaurer
la paix, il va falloir s'armer de patience, user du stratagème
de la nourriture et attendre qu'avec le temps, la murène
prenne enfin confiance en moi. Que de temps perdu !
DEUXIÈME
APPROCHE
Au
lieu de mettre la main directement sur la murène, je vais
rester devant son trou un petit moment, puis je reprendrai ma
navigation sous marine pour revenir quelques temps plus tard etc.
La murène prendra le temps de constater que je
ne l'agresse pas. Très rapidement je pourrai enfin la toucher
sans avoir à utiliser la nourriture pour l'amadouer.
CONCLUSION
/ CONSTAT
Dans
la première approche : je me suis imposée à
l'animal qui m'a virée ; Dans la deuxième je me
suis présentée à l'animal, de telle sorte
que j'ai fini par faire parti de son paysage et le résultat
j'ai pu la toucher.
Dans
la première situation : j'ai envahie son périmètre
de sécurité au contraire de la deuxième approche
où j'ai respecté le panneau "propriété
privée".
Dans
la première situation : la réaction de l'animal
a fait que je m'en méfie (en règle générale,
comportement bien normal) et lui aussi. Pour instaurer la confiance
il va falloir ruser. Dans la deuxième situation j'ai un
temps d'avance sur la première : je l'approche, la touche,
je n'ai pas à perdre mon temps à dérouler
le tapis rouge pour la miss. Elle et moi savons que nous ne sommes
pas des prédateurs l'un pour l'autre.
C'est
avec ce deuxième regard que nous allons aborder le chien,
animal beaucoup plus facile à comprendre que la murène,
car beaucoup plus prévisible.
Si
vous ne concevez pas qu'un chien puisse être approché
avec une vision autre que le principe de la dominance, du "il
faut s'imposer à lui", du "il faut qu'il obéisse",
passer votre chemin. Le contenu de ces pages ne réveilleront
en vous que l'irritabilité, le sarcasme et autres états
émotionnels qui vous gâcheront la journée.
Il
n'existe pas une seule et unique méthode pour créer
une relation. Il en existe une multitude. A chacun d'utiliser
celle qui semble lui convenir le mieux pour la relation qu'il
souhaite avoir dans l'avenir avec son chien, avec son voisin,
avec son patron, avec son employé, avec son éleveur,
avec son perroquet, avec sa murène, avec et avec et encore
avec.
Comme
chaque argument de ce site est conforté par un exemple,
soit à l'aide photos, soit à l'aide de vidéos,
je vous invite à entrer en contact avec une murène,
originaire des eaux de Malaisie, l'un des plus agressives (soit
disant). Si vous vous sentez prêts à observer l'animal
n'hésitez pas à cliquer sur les icônes ci
après, vous pourrez voir qu'il est possible d'approcher
un animal à mauvaise réputation à condition
bien évidemment d'avoir les bonnes gestes, la patience,
le respect et surtout le bon esprit !
