Termes
apparentés: instabilité des vertèbres cervicales,
spondylomyelopathie cervicale, déformation des vertèbres
cervicales
Qu'est-ce
que les syndrome de Wobbler ?
Anatomie
de la colonne vertébrale et de la moelle épinière
: la colonne vertébrale est constituée d'une série
de petits os: les vertèbres. Ces os entourent et protègent
la moelle épinière, ensemble de nerfs au travers
desquels circule l'information entre le corps et le cerveau. La
moelle épinière doit être parfaitement intacte
afin de permettre les sensations (incluant le toucher et la douleur)
et les mouvements normaux des membres et du corps. Les vertèbres
sont séparées entre elles par les disques intervertébraux.
Ces disques, d'une structure souple, ont une double fonction :
d'une part ils permettent le mouvement entre deux vertèbres,
d'autre part ils absorbent les chocs.
Le
syndrome de Wobbler se manifeste par une compression de la moelle
épinière au niveau cervical (les sept vertèbres
cervicales entourent et protègent la moelle au niveau du
cou). Les mouvements entre ces vertèbres permettent une
bonne mobilité du cou. Dans les cas de syndrome de Wobbler,
il existe des anomalies dans la structure même des vertèbres,
des ligaments qui les connectent entre elles et/ou des disques
intervertébraux. Les causes de ces anomalies ne sont pas
clairement établies ; l'hérédité n'est
qu'un des facteurs, mais l'excès de nourriture, surtout
chez les grandes races dont le développement est très
rapide, est aussi suspecté de jouer un grand rôle.
Il
en résulte une instabilité entre les vertèbres
adjacentes, un rétrécissement (sténose) du
conduit par lequel passe la moelle épinière et une
compression de cette dernière. Les conséquences
d'une compression de la moelle épinière au niveau
cervical sont faiblesse et manque de coordination des quatre membres
-d'où le nom "wobbler" (en anglais = être
bancal, branlant).

imagerie source : http://www.animalmr.com/wobbler_case_study.html
Comment est transmis le syndrome de Wobbler
?
Mode
de transmission inconnu à ce jour. Il a été
émis l'hypothèse d'une hérédité
de mode autosomique récessif chez le dogue allemand, le
doberman pinscher et le barzoï.
Quelles races sont concernées ?
Cette
anomalie a été le plus observée chez le dogue
allemand, chez qui les premiers signes apparaissent entre 3 et
18 mois, et chez le Doberman pinscher, qui développe le
syndrome plus tard, entre 3 et 9 ans. On rencontre également
cette pathologie chez la plupart des autres races de grands chiens,
parmi lesquelles le St. Bernard, le Braque de Weimar, le Labrador,
le Berger Allemand, le boxer, le Rhodesian ridgeback, le Dalmatien,
le Samoyède, le Bobtail, le bull mastiff, le Barzoï,
le Rottweiler, le chow chow, le golden retriever, le setter Irlandais,
l'Irish wolfhound, et le grand berger des Pyrénées,
mais aussi chez le basset hound, le fox terrier, et le beagle.
Pour
ce qui concerne un grand nombre de dysfonctionnements et de races,
les études permettant de déterminer le mode de transmission
ou la fréquence n'ont pas encore été menées
à leur terme ou n'ont pas abouti à des conclusions.
Nous n'avons listé que les races parmi lesquelles chercheurs
et praticiens vétérinaires sont arrivés à
un consensus sur une occurrence significative
Que signifie le syndrome de Wobbler pour
vous et pour votre chien ?
Les
principaux symptômes de cette maladie sont faiblesse et
incoordination (ataxie) des membres; cela commence insidieusement
et s'aggrave lentement sur plusieurs mois. Il peut vous sembler
que votre chien ne sait pas trop où se trouve ses pattes.
C'est plus manifeste lorsqu'il ou elle se lève après
avoir été allongé, ou quand il doit négocier
un virage ou emprunter des escaliers. Avec le temps, la démarche
de votre chien peut devenir très raide, avec les pattes
exagérément levées, et cela en s'empirant.
Les symptômes sont bilatéraux et symétriques
(c'est à dire qu'ils se produisent le même façon
de chaque côté). Les 4 membres peuvent être
affectées, mais l'arrière train est attaqué
en premier et de façon plus sévère. Quelquefois,
on assiste à une aggravation soudaine, consécutive
à un traumatisme mineur. Les Doberman pinschers ont souvent
de graves douleurs dans le cou (résultant de hernies discales-
voir maladie des disques intervertébraux) et leur train
avant peut devenir totalement raide.
Il
s'agit d'une maladie chronique et évolutive (c'est à
dire qu'elle s'aggrave avec le temps). Sans traitement, l'état
de votre chien se détériorera petit à petit.
Avec un traitement (qu'il soit médical ou chirurgical)
le pronostic de guérison reste très réservé.
Comment diagnostiquer le syndrome de Wobbler
?
Votre
vétérinaire suspectera cette maladie si votre chien
de grande taille présente les signes cliniques : faiblesse
et incoordination de l'arrière train, à progression
lente, bilatérale, symétrique. Les pattes avant
sont affectées après et souvent moins gravement.
Il se peut que le cou de votre chien soit douloureux et qu'il
le penche significativement vers le bas.
Une simple radiographie permettra de voir les anomalies des vertèbres,
mais une myélographie est nécessaire pour déterminer
la compression de la moelle épinière. Cette intervention
nécessite une anesthésie : de la teinture est injectée
dans le conduit de la moelle épinière et ensuite
la radiographie va montrer le ou les endroit(s) exact(s) de la
compression. Cette information est essentielle avant d'envisager
les options de traitement, surtout si la chirurgie en est une.
Les autres technologies, telles que les Scanner ou l'IRM, peuvent
aussi être employées. Votre vétérinaire
vous orientera vers un centre spécialisé, que ce
soit pour ces examens ou pour une éventuelle intervention
chirurgicale.
A
l'attention des vétérinaires
Les deux races les plus affectées ont chacune des lésions
très caractéristiques. Les vieux Doberman pinschers
ont souvent une compression de la partie ventrale (ou antérieure)
de la moelle, tandis que les jeunes dogues allemands présentent
des compressions de la partie dorsale (ou postérieure).
Les lésions sont plus fréquentes à l'extrémité
basse des cervicales (C5-6 et C6-7). Le chien peut être
en même temps atteint par des maladies sous-jacentes, systémiques
ou métaboliques. Les myélogrammes en "traction"
peuvent être utilisés pour mettre en évidence
la composante dynamique de cette pathologie (instabilité
intervertébrale). Une extension forcée du cou peut
exacerber la compression de la moelle.
Comment traiter le syndrome de Wobbler ?
Le
type de traitement choisi pour cette maladie dépendra d'un
certain nombre de facteurs incluant la gravité et la durée
des symptômes ainsi que l'étendue de la compression
de la moelle telle qu'elle aura été montrée
par la radiographie. Les buts de la prise en charge médicale
sont de minimiser le mouvement du cou (par le blocage et l'utilisation
d'une minerve) et d'utiliser des médicaments anti-inflammatoires
pour prévenir d'autres atteintes de la moelle épinière.
Les traitements peuvent être efficaces pendant des mois
ou des années, bien que cela ne résolve pas le problème
de fond : la compression de la moelle. Plusieurs techniques chirurgicales
ont été développées (et d'autres sont
à venir), qui tentent à la fois de calmer la compression
et de stabiliser les vertèbres. Cette chirurgie n'est pas
sans risques, parmi lesquels des complications post opératoires
graves. In fine, l'espérance de guérison dépend
de plusieurs facteurs : gravité et durée des symptômes,
et le fait que la moelle soit compressée en un ou plusieurs
endroits.
En
raison de la nécessité pour traiter cette maladie
de radiographies et de techniques chirurgicales spécialisées,
votre vétérinaire, dans un premier temps, essaiera
de stabiliser les vertèbres de votre chien et initiera
une cure d'anti-inflammatoires, puis vous adressera à un
centre de référence pour le traitement ultérieur.
Avis
aux éleveurs
Bien
que les mécanismes réels d'hérédité
soient inconnus, les chiens souffrant du syndrome de Wobbler ne
devraient pas reproduire. (malheureusement, dans la mesure où
cette pathologie a souvent un développement tardif, les
chiens peuvent avoir reproduit avant que les problèmes
n'apparaissent.). Il serait idéal également de ne
faire reproduire ni leurs parents ni leur fratrie, qui sont considérés
comme porteurs potentiels du gène.
Les
meilleurs moyens d'éviter cette maladie chez les chiens
de grande taille, seront avant tout de s'enquérir d'éventuels
précédents d'instabilité vertébrale
chez les ascendants, ensuite d'éviter les apports de suppléments
minéraux à la nourriture, et de donner plusieurs
petits repas par jour, (plutôt que la nourriture à
la demande).
POUR
PLUS D'INFORMATIONS CONCERNANT CETTE PATHOLOGIE, CONSULTEZ VOTRE
VÉTÉRINAIRE
Ressources
LeCouteur
RA, Child G. 1995. Diseases of the spinal cord. In EJ Ettinger
and EC Feldman (eds) Textbook of Veterinary Internal Medicine,
p. 629-696. WB Saunders Co, Toronto.
Copyright
© 1998 Canine Inherited Disorders Database. All rights reserved.
Revised: .
This database is a joint initiative of the Sir James Dunn Animal
Welfare Centre at the Atlantic Veterinary College, University
of Prince Edward Island, and the Canadian Veterinary Medical Association.
Dr ALICE CROOK.
Site original, en anglais : CIDD@upei.ca
Article traduit de l'anglais par Véronique Gaboriau pour
le site, avec l'aimable permission de l'auteur du texte original
le Dr Alice Crook, Bsc, DVM que nous remercions. |