En
tant que simples propriétaires, nous voulons faire comprendre
aux éleveurs qu'avoir des chiens sains est plus important
pour nous que d'avoir des champions de conformité au standard.
Qu'un chien malade, quelles que soient ses qualités par
ailleurs, peut être une "catastrophe " à
l'échelle d'une famille, sur le plan affectif mais aussi
financier .
Nous
n'ignorons pas que les éleveurs professionnels se heurtent
sur leur marché à la concurrence des chiens importés
élevés dans des conditions sanitaires dramatiques
et sans contrôle, dans des conditions concurrentielles déloyales
au profit d'une mafia sans scrupule et également à
celle des productions anarchiques de particuliers s'improvisant
éleveurs amateurs.
C'est
pourquoi nous pensons important d'informer le public pour que
l'achat d'un chien soit un acte réfléchi.
Mais
en même temps, cette attitude nous conduit à attendre
des professionnels de l'élevage et des instances qui les
représentent une attention de tous les instants, une honnêteté
totale et une transparence sans réticence sur le problème
des maladies génétiques . L'élevage doit
assumer son histoire, prendre acte des difficultés héritées
du passé et se battre dans l'intérêt des chiens
et des maîtres, faute de quoi il perdra sa raison d'être,
produire des chiens "meilleurs"
Force
est de constater que l'information sur ces problèmes dans
le paysage français de l'élevage et de la cynophilie
est quasi-inexistante, que même les amateurs avertis et
les d'éleveurs font souvent preuve d'une grande ignorance
de ces problèmes, et que certains comportements individuels
constatés lorsque des maladies génétiques
surgissent soudain dans une lignée relèvent d'une
éthique douteuse indigne des ambitions proclamées
de l'élevage cynophile.
Nous
ne voulons pas jeter la pierre à l'éleveur qui détecte
un problème dans ses lignées, du moins s'il en tire
les conséquences quand à sa politique d'élevage
et s'il remplit son devoir d'information à l'égard
de ses confrères et clients . Il n'est souvent que l'héritier
des pratiques passées.
Nous
voulons au contraire contribuer à faire changer les mentalités
pour qu'il n'y ait plus de "secrets honteux", que les
éleveurs disposent de l'information et des connaissances
indispensables pour améliorer leur production.
L'élevage
du 21ème siècle pourra-t-il se réclamer
des mêmes principes que celui du siècle précédent?
C'est une question qui se pose de manière de plus en plus
insistante et qui mérite une réflexion approfondie.
Nous souhaitons que les chercheurs puissent travailler en France
comme ils le font aux Etats-Unis pour dépister et trouver
les moyens d'éradiquer ces maladies, et que les particuliers
amoureux d'une race ne se retrouvent pas seuls à payer
le prix de ce silence.