- Maladie
infectieuse la plus fréquente du chien (d'autres espèces
comme le renard ou le furet peuvent en être atteintes) révélée
par le Dr. CARRE en 1905
- Elle
est contagieuse, aiguë ou subaiguë, fébrile,
s'accompagnant d'écoulements nasaux et oculaires, et de
symptômes respiratoires et gastro intestinaux. Au cours
de la phase aiguë de la maladie certains animaux peuvent
développer des troubles nerveux. Chez les chiens de pure
race on peut observer l'hyperkératose des coussinets et,
à un moindre degré de la truffe.

Source
ETIOLOGIE
:
- Le
virus de cette maladie appartient au groupe des paramyxovirus.
- Il
est trés proche de celui de la Rougeole et de la peste
bovine
- C'est
un virus fragile, inactivé par la lumière, la chaleur
et la plupart des désinfectants usuels.
- Il
survit à la congélation
PATHOGENIE
- La
transmission semble être l'exposition de l'appareil respiratoire
à un aérosol ou à des gouttelettes.
- Les
voies principales sont en un contact nez à nez,
l'inhalation de gouttelettes en suspension dans l'air des espaces
clos, le passage des gouttelettes du nez et de la bouche au nez,
à la bouche ou aux conjonctives.
- Les
virus se répliquent localement dans les macrophages qui
les transportent dans les tissus lymphatiques, puis en quelques
jours migrent dans la rate, le thymus et la moelle osseuse.
- Ensuite
deux phénomènes peuvent se produire :
-
Des anticorps se forment pour neutraliser la maladie
au niveau des tissus dans la semaine qui suit le début
d'infection. Dans ce cas l'infection reste inapparente, le virus
ne peut plus être isolé des tissus.
-
Soit le chien ne forme pas de concentration d'anticorps
dans le début de l'infection, le virus continue à
se développer jusqu'à atteindre l'épithélium
et de nombreux organes dont le cerveau : la maladie clinique,
devient mortelle.
- Cette
infection peut encore être compliquée par d'autres
agents tels que des bactéries (streptocoques, staphylocoques,
mycoplasmes et surtout Bordetella Bronchiseptica qui colonise
et induit une infection secondaire de l'appareil respiratoire.
LES
SYMPTOMES :
- Elle
peut aller de la forme d'une "maladie inapparente" à
une affection sévère associée à une
forte mortalité tout dépend semble t il de la formation
des anticorps et de leur concentration et de l'inter action des
autres agents (réf. supra)
- La
période d'incubation : 3 à 10 jours
- Apparition
de la fièvre allant de 39° à 40° qui dure
24 à 48 heures
- Les
signes cliniques, lorsqu'ils existent, sont trés peu repérables
- Les
chiens qui développent les anticorps à cet instant
n'ont plus de symptômes et guérissent.
- Aprés
une période quasi normale 1 à 6 jours, la fièvre
réapparaît (élévation diphasique de
la température) : elle peut soit persister, soit se traduire
par des fluctuations.
- Surviennent
les symptômes caractéristiques :
-
surinfection
-
anorexie, amygdalite, conjonctivite (avec écoulement
oculaire sérieux puis purulent)
-
symptômes respiratoires (rhinite avec écoulement
nasal sérieux puis purulent ; pneumonie d'abord virale
puis secondairement bactérienne
-
symptômes gastro intestinaux (diarrhée fréquente,
vomissements occasionnels=
-
détérioration graduelle de l'état général
du chien conduisant à un amaigrissement et à une
déshydratation.
On
peut également parfois observer :
-
des lésions cutanées ; une kératite ;
une rétinite. La kératite peut être sèche
(qui peut apparaître aprés la guérison).
-
Une hyperkératose des coussinets plantaires et de la
truffe.

Source
-
Le système nerveux est atteint plus tardivement. Ceci
n'est pas constant et en général cela se produit
chez les animaux exposés au virus depuis au moins 3 semaines.
-
Les symptomes nerveux dépendent des nerfs atteints.
Il peut s'agir :
-
De lésions des nerfs crâniens (réflexes
pupillaires anormaux, névrite optiques et cécité)
-
Symptômes méningés (hyperesthésie,
hyperthermie)
-
Symptômes cérébraux (absence de coordination,
va et vient, marcher en cercle, convulsions toniques, etc)
-
Symptômes médullaires (encéphalomyélite
entraînant une faiblesse des postérieurs ou une
ataxie pouvant conduire à une paralysie des postérieurs
avec une incontinence urinaire et fécale ; mouvement
involontaire régulier ou contraction d'un groupe isolé
de muscles (généralement les muscles au niveau
des membres ou de la paroi abdominale et au niveau temporal
du front)
-
Symptômes cérébelleux (incoordination,
hypermétrie, dysmétrie, port de tête penché,
nystagmus (= mouvements rythmiques des globes
oculaires ), déplacements en cercle, l'animal
qui se retourne en roulant sur lui même).
L'apparition
et le développement des signes nerveux signent un pronostic
sombre pour l'animal ainsi atteint.
Pour
certains vétérinaires la maladie de Carré
est une affection handicapante et désespérante dans
le cas de son évolution. Pour certains d'entre eux même
si la guérison a lieu dans la phase initiale aiguë
voire même dans la phase neurologique, il y aura toujours
un risque pour que persiste des séquelles telles que :
chorée, parésie postérieures, épilepsie,
modification du caractère, atrophie rétinienne et
émail dentaire piqué sur les dents définitives
non encore sorties des chiots.
TRAITEMENT
ET SOINS MEDICAUX :
- Contrôle
du carnet de vaccination pour connaître l'état vaccinal
- Bien
désinfecter l'endroit où évolue l'animal
- Changer
de vêtements si on a touché l'animal
- Repos
complet pour l'animal, ne pas le mettre en contact avec d'autres
animaux
- Le
traitement est essentiellement un traitement symptomatique et
de soutien avec des antibiotiques agissant contre les germes bactériens
de surinfection ; un anti diarrhée ; réhydratation
de l'animal ; anti convulsions ; produits pour maintenir les yeux
propres ; pommade pour protéger la truffe ;
- Amener
le chien contaminé chez le vétérinaire pendant
les heures creuses pour éviter de contaminer d'autres animaux
et permettre à son assistance d'avoir le temps de tout
désinfecter aprés votre visite.
EPIDEMIOLOGIE
:
- Une
incidence saisonnière a été relevée
: automne et hiver
- Atteint
le plus souvent les chiots (4 à 5 mois est une période
délicate car les chiots perdent les anticorps maternels
et son de plus placés en zones urbaines)et les jeunes chiens
de moins d'un an lorsque leur immunité est faible ;
- Elle
reste fréquente dans certaines zones urbaines puisque l'introduction
de chiots sensibles est continuelle
ERADICATION
Elle
se fait par la transmission des anticorps maternels (d'où
l'importance de choisir un chiot élever purement et simplement
par sa mère)
Elle
se fait par la vaccination qui prendra le relais lors la disparition
des anticorps maternels. Age conseillé : 7/8 semaines pour
la première injection (ref. page Vaccinations)
A RETENIR
:
- La
maladie de Carré est classée dans la liste de vices
rédhibitoires (réf. notre partie juridique)
- Eviter
d'acheter votre animal dans une animalerie
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